Acculturation

Etymologie : de l'anglais acculturation (même sens qu'en français), composé du préfixe latin ad, vers et de culture. Le terme est apparu à la fin du XIXe siècle pour désigner les transformations des modes de vie et de pensée des immigrants au contact de la société américaine.

 

L'acculturation est le processus de modification de la culture d'un groupe ou d'une personne sous l'influence d'une autre culture.

 

En sociologie ou psychologie, le terme "acculturation" désigne le processus d'adaptation d'un individu ou d'un groupe venant d'ailleurs, à une culture locale, entrainant l'abandon partielle ou totale des éléments de leur propre culture.

Dans leur Lexique des sciences sociales (1969), A et R. Mucchielli le définissent comme le "processus par lequel un individu apprend les modes de comportements, les modèles et les normes d'un groupe de façon à être accepté dans ce groupe et à y participer sans conflit".

 

En ethnologie, l'acculturation est "l'ensemble de phénomènes qui résultent de ce que des groupes d'individus de cultures différentes entrent en contact continu et direct et les changements qui surviennent dans les modèles culturels originaux de l'un ou l'autre des deux groupes" (Mémorandum pour l'étude de l'acculturation réalisé en 1936 par les anthropologues américains Melville Herskovits, Robert Redfield et Ralph Linton). Les transformations qui peuvent être réciproques, concernent la manière d'agir, de percevoir, de juger, de travailler, de penser, de parler, etc.

 

L'acculturation peut prendre plusieurs formes :

  • spontanée quand les cultures sont en contact libre,
  • forcée, organisée, imposée par un groupe comme lors de la colonisation ou de l'esclavage par exemple,
  • planifiée, contrôlée, dans le but de construire à long terme une nouvelle culture, nationale par exemple.

 

L'acculturation doit être distinguée :

  • du syncrétisme ou du métissage culturel, lorsque les croyances, les valeurs et les coutumes des deux groupes se fondent en une seule et même culture,
  • du multiculturalisme avec la cohabitation de plusieurs cultures sans qu'il y ait de combinaison ou d'assimilation,
  • de l'assimilation, qui est le cas extrême, avec la disparition totale de la culture d'un groupe, le groupe dominé, qui assimile la culture du groupe qui est dominant par la démographie, le rapport de force politique ou le degré d'évolution technologique. Le groupe dominé emprunte ses modèles culturels au groupe dominant, en général de manière progressive et avec souvent des phénomènes de résistance et de rejets partiels.
  • de la contre-acculturation qui rejette et refuse la nouvelle culture avec le retour à une pureté de la culture d'origine.